Silent Hill 2 où lorsque la vérité refait surface

Je songe à vous faire un article sur les mensonges.
C’est à dire les jeux où le héros a menti au joueur ou s’est menti à lui-même.
Et pour cela, rien de mieux que d’aborder le cas de Silent Hill 2.
Voilà un jeu avec un scénario psychologique qui devrait faire taire les détracteurs des jeux vidéo.

Resident Evil et Silent Hill sont souvent comparés.
Pourtant, pour moi, ils sont incomparables.
L’un est sur la peur physique tandis que l’autre est sur la peur mentale.
Enfin, c’est plus compliqué que cela, bien entendu.

Le scénario de Silent Hill 2

James Sunderland Silent Hill 2.gif

L’histoire est toute simple.
James Sunderland reçoit une lettre de sa femme Mary qui dit l’attendre à Silent Hill.
Sauf que Mary est morte depuis plusieurs années de sa maladie.
Tel un quadragénaire se faisant piéger par des mails de prince nigérian milliardaire, il décide de se rendre dans cette ville.

Cette ville, similaire à une ville perdue de Seine et Marne est dans le brouillard permanent.
Méthode simple pour faire peur mais aussi pour que la Playstation 2 ne crache pas ses poumons.
On y rencontre d’autres personnages qui semblent tous chercher ou fuir quelque chose.
Mais on découvre surtout Maria.

Maria Silent Hill 2.gif

Le clone de Mary mais comment dire poliment mon point de vue…
La version qui ne dira pas à James: « Chéri, j’ai une migraine ce soir, une autre fois. ».
Bien entendu, elle ne connaît pas Mary.

Je vous laisse imaginer les questions que l’on se pose lorsque:

  • On reçoit une lettre de sa femme morte.
  • La ville dont elle parle est infectée par des monstres.
  • Son clone version sexy existe et semble bien nous aimer.

Une ambiance mortelle

Pyramid Head Silent Hill 2.jpg

Le jeu est dans la pénombre.
Contrairement à Resident Evil, notre héros n’est pas un héros justement.
Un simple civil.
Et cela se ressent dans les combats.
Je me rappelle que j’évitais les affrontements pour ne pas perdre de vie et de munitions.
On ne pouvait pas voir sa barre de vie (sauf dans le menu).
Je n’ai jamais su si c’était mal désigné ou si c’était pour renforcer le côté réaliste.
IRL, on ne sait pas si on est à « 65% » sur sa barre de santé.

Pourtant, on ne rencontre que peu d’ennemis.
Mais l’ambiance sonore (Akira Yamaoka mérite le respect) et l’ambiance visuelle ne vous laissent aucun répit.
On est toujours tendu et on imagine toujours ce qui nous attends de l’autre côté du couloir, de la route, de la vie.
Vous reprenez la même ambiance sonore dans un Escape Game IRL et je vous assure que Pampers viendra vous proposer un sponsor tellement les participants seront apeurés.

Pyramid Head Silent Hill 2.gif

Ce jeu est quand même celui qui a un sacré bestiaire.
Je pense qu’il a crée la peur des infirmières zombies bien avant tout le monde. Elles étaient abominables dans les couloirs.
Enfin quand elles ne se faisaient pas culbuter par Pyramid Head.
Si les Resident Evil ont les Tyrants ou les Nemesis, Silent Hill 2 a Pyramid Head.
Une brute épaisse que l’on entends au loin, l’arme glissant contre le sol.
Abominable.
Vous ne le voyez pas mais vous savez qu’il est là.
Il est aussi lourd que la culpabilité de James.

James et le mythe de Sisyphe

James Sunderland vs Pyramid Head Silent Hill 2.gif

James vit le mythe de Sisyphe.
Sisyphe, c’est l’homme qui pousse constamment un rocher vers le sommet d’une colline mais ce rocher tombe en bas et il doit recommencer.

La véritable fin permet de comprendre que James a tué sa femme, Mary.
Maria n’est qu’une sorte de version fantasmée de Mary.
Sexy, jamais malade, toujours de bonne humeur.
Sauf que si on choisit la fin avec Maria, elle tombe malade à la fin.
Ce qui laisse supposer que James va se retrouver coincé dans une boucle.

Il y’a 3 ans, James a tué sa femme qui était constamment malade.
On ne sait pas trop si c’est une sorte d’euthanasie consentie ou un meurtre.
Mais James semble s’être menti à lui-même au point d’oublier la vérité.
Il parait que c’est réellement possible.
Qu’une personne sous un fort choc émotionnel peut se mentir à elle-même.
Pour le bien de sa conscience, de sa santé mentale?

Maria Silent Hill 2.jpg

Le boss final peut-être Mary ou Maria selon nos choix mais en vérité, c’est James le véritable boss final.
Pyramid Head n’était que le poids de sa conscience.

On sait pas si Silent Hill existe vraiment.
Mais l’intégralité du bestiaire est lié aux personnes qui la traversent.
Comme si les monstres étaient des représentations physiques des charges mentales des humains.
Ainsi Angela qui fuit depuis qu’elle a tué son père et le monstre qui porte un lit… cela en dit long sur les sévices qu’elle a dû subir.

Dans la vraie fin (enfin c’est Silent Hill 4 qui laisse supposer ça), James se suicide.
Mais pourquoi jouer un tel jeu de dépressif?
On doit survivre à la mort pour se suicider?!
Tout simplement parce que c’est super bien raconté et que c’est un excellent twist de l’histoire des jeux vidéo.

Silent Hill 2 où la sublimation de la mélancolie?

James Mary Silent Hill 2.gif

On ne sauve ni le monde, ni le héros.
Le jeune moi était ultra déçu car je pensais réellement que James allait réussir à sauver sa femme grâce au vaudou ou autre.
On sauve néanmoins James. Il affronte enfin ses péchés et sa conscience.
Il ne vît plus dans le déni mais dans le présent.

Maria représentait sa fuite infinie alors qu’au moins, à présent, il peut se regarder en face.
Après, je vous rassure, deux fins semblent canoniques:

  • Celle du suicide.
  • Et celle où il quitte Silent Hill, la conscience tranquille.

En vérité, ce jeu a plusieurs fins ouvertes et c’est au joueur de choisir.
A vous de voir si ce pauvre homme mérite la rédemption ou non.
Et c’est justement cela que je trouve magnifique et nous pousse à rejouer pour voir les autres fins. Celles du chien ou de l’extraterrestre sont spéciales…

Grâce aux autres êtres humains coincés dans la ville, on sait que Silent Hill existe réellement. La seule chose que l’on ne savait pas en débutant le jeu, c’est que James était prisonnier de sa conscience depuis bien longtemps.

La Mort dans les jeux vidéo

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